11 janvier 2008
Itinéraire (final)
Voyage dans l'hémisphère sud du 30 janvier au 24 décembre 2007
Résumé des épisodes précédents:
Ouganda du 31 janvier au 21 fevrier (21 nuits)
Kampala
Lac Nkuruba, Parc Kibale
Parc de Murchinson Falls
Jinja et les Sources du Nil
Mbale, ascension du mont Elgon
Kenya du 21 au 27 février (6 nuits)
Lac Nakuru, Hell's Gate
Tanzanie du 27 février au 16 mars (18 nuits)
Arusha, Moshi et Dar-El Salaam
Zanzibar, Train, Mbeya
Malawi du 16 mars au 6 avril (20 nuits)
Nkhata Bay, Kande Beach, bateau Ilya et Mt Mulanje
Zambie du 6 au 11 avril (5 nuits)
Lusaka, Chutes Victoria
Namibie du 11 avril au 2 mai (22 nuits)
Zambèse, Bande de Caprivi, rivière Okavango
Swakopmund, Himbas, Etosha, Sossusvlei
Afrique du Sud du 3 au 13 mai (10 nuits)
Le Cap, Robben Island, Table Mountain, Cage aux Requins
Australie du 14 mai au 9 juillet (51 nuits)
Darwin, Bungles Bungles, Kimberleys, Broome
Pilbarra, Récif Ningaloo, Perth
Parc Le Grand, Albany, Margaret River
Kings Canyon, Uluru (Ayers Rock)
Sydney
Nouvelle Calédonie du 9 au 30 juillet (21 nuits)
Nouméa, côte est, pointe nord, parc de la Rivière Bleue et sud
Nouvelle Zélande du 30 juillet au 8 aout (9 nuits)
Auckland, Wellington, Rotorua, Mt Rapehu
Tahiti du 7 au 19 aout (12 nuits)
Papeete, Moorea, Tahiti Iti
Ile de Pâques du 20 au 25 aout (5 nuits)
Ranga Roa et statues
Chili du 25 aout au 5 septembre, du 26 au 28 octobre,
du 5 au 22 novembre, du 4 au 7 décembre,
et du 20 au 22 décembre (35 nuits)
Santiago, San Pédro (aller), Putre, parc national Lauca
San Pédro (retour)
Santiago, Araucanie, Panguipulli, Valdivia, Volcan Osorno, île de Chiloé, Puerto Montt
Fjords Chiliens, Puerto Eden, glacier Pie XI
Torres del Paine
Puerto Williams et l'île Navarina
Bolivie du 5 septembre au 4 octobre et du 17 au 26 octobre (37 nuits)
Ascension de l'Huayna Potosi
La Paz, mine de Potosi, Sucre, Cochabamba
Amazonie vers Rurrenabaque
Lac Titicaca - Isla del Sol
Route de la mort
Salar d'Uyuni, Sud Lipez
Pérou du 4 au 17 octobre (13 nuits)
Canyon de Colca
Cusco, Machu Picchu, Lac Titicaca - îles flottantes
Argentine du 28 octobre au 5 novembre, du 22 novembre au 4 décembre,
du 7 au 9 décembre, et du 19 au 20 décembre (23 nuits)
Salta, parc de Talampaya, Mendoza
Perito Moreno
Fitz Roy et cerro Torre
Ushuaïa
Antarctique du 9 au 19 décembre (10 nuits)
Canal de Beagle, passage de Drake, ile Enterprise, Neko Harbour,
Ile Danko, ile Cuverville, Port Lockroy, Spigot Peak, Ile Déception, iles Aitcho, base Arctowski, ile aux pingouins, passage de Drake
Parcours en cartes:
10 janvier 2008
Une journée dans la vie de Manchot

Manchot chante "god save the queen"


Manchot se prend pour une star au festival de cannes
Manchot se tape un marathon pour rentrer (mais à son rythme hein)
08 janvier 2008
Balade en Antarctique (2/2)
De la péninsule antarctique à Ushuaia, du 13 au 19 décembre
Jeudi 13, deux sorties plus sportives sur les îles Danko et Cuverville dans une étroite baie où naviguent de magnifiques icebergs, et cette fois, en plus des manchots qui s'essayent à la brasse papillon dans la baie, un espiègle léopard des mers, terreur des mers australes et lui aussi grand amateur de pingouins, joue autour du zodiaque et finit par faire un trou dans un des flotteurs.



rien que du bleu et du blanc, té, on se croirait à Marseilleu
Le léopard des mers
Vendredi nous visitons la base Anglaise de port Lockroy où se trouve aussi la poste et le magasin de souvenirs les plus australes au monde, à quasiment 65 degrés de latitude sud, où il fait jour même la nuit. Les températures sont semblables à celles d’Annecy l’hiver. Un barbecue est même organisé sur le pont dans la soirée, c’est dire. L’occasion de sortir le pastis.



c'est pas les glaçons qui manquent pour descendre un p'tit jaune du bout du monde
Dans l’après midi un peu d’exercice bienvenu (les superbes repas offert par le chef sont aussi copieux que variés, 50 plats différents au choix en 11 jours!), l’escalade du Spigot Peak, une première pour l’équipe du Polar Star, sous un soleil ravageur. Avec le vent qui souffle en rafales, difficile de ne pas marcher sur les manchots à jugulaire (ceux qui ressemblent à des profs de biolo communistes avec leur fine barbiche) et les lichens qui en chient des années pour atteindre quelques centimètres de hauteur.

une dizaine de survivants en haut de la pyramide


attention ascension dangereuse : port du casque obligatoire
Samedi nous partons vers les Shetland du sud. Première étape, l'ile de la Déception, ancien volcan que les marins du début du siècle pensaient éteint et utilisaient comme base pour génocider phoques et baleines, avant l'arrivée des scientifiques, plus présentables, qui ont tous détalé lors de l’éruption surprise de 1970. Les pingouins et les éléphants de mer pas très classes sont maintenant peinard.
En plus il y a un peu de banquise, pour la plus grande joie du Polar Star.
L’après-midi est consacré à une petite ile sans nom dans l’archipel Aitcho. Comme d’habitude je suis dans le premier bateau, ce qui me permet de repérer au milieu de la colonie de Gentoo et de Jugulaires un imposant intrus, un manchot royal, royalement perdu à plus de 800 bornes de sa compagne qui l'attend en Géorgie de Sud (ceinture pour lui cet été, l'avait qu'à demander son chemin).


"Lost: les disparus", disponible en version pingouin
Enfin dimanche, nous visitons la base polonaise Arctowski, nos passeports sont joliment tamponnés. Les scientifiques, coincés ici pour plusieurs mois nous expliquent patiemment leur recherches et leur vie sur l'ile du roi George, pendant que des montagnes de glace dérivent dans le détroit. Une dernière balade sur l’ile aux Pingouins peuplées de phoques et de ... manchots, et c'est la fin des visites, l'adieu aux palmipèdes, tchao pingouin.
un éléphant de mer, ça rote énormément
Nous reprenons la mer le soir même, enfin le lac, tant le passage de Drake est calme, c’est pratique pour observer les dauphins et les orques, et arrivons en vue d’Ushuaia le Mercredi matin, mais la tête est encore en Antarctique au milieu des pingouins et des icebergs.


une dernière tempête de ciel bleu au cœur du redoutable passage de Drake
04 janvier 2008
Balade en Antarctique (1/2)
D'Ushuaia à la péninsule antarctique, du 9 au 12 décembre
Dimanche 9 décembre, vers 16 heures, j’embarque enfin à bord du Polar Star pour l’Antarctique, le continent aux moyennes impressionnantes, à la fois le plus blanc, le plus froid, le plus haut, le plus ventu, le plus désertique. Mais avant de batifoler avec les pingouins tout en suçant des icebergs natures, il faut d'abord se taper deux jours de pleine mer, la traversée du terrible passage de Drake, au sud-est du Cap-Horn.
L'amarre remonte, un coup de tocsin, et taïo, le gros bateau navigue sur les flots. Vers minuit le cocasse pilote Argentin quitte le navire, sa mission accomplie, nous sommes sortis sans une raclure du canal Beagle. Il n’y a plus que le grand océan Austral devant nous, 900 bornes de soupe froide et salée. Heureusement la mer est relativement calme, même si le Polar Star, vieux brise glace reconverti en traine-touriste, ne semble pas taillé pour une telle route. Un vrai culbuto. J’avale vite les comprimés anti-dégueuli.
Les deux jours passent quand même assez vite. Hannah, notre chef d’expédition, et son équipe nous organisent quelques lectures intéressantes sur la faune, la flore, la géologie et l’histoire de l’Antarctique. Autre distraction, des tas d’oiseaux curieux jouent avec le vent autour du bateau, tout en évitant de passer devant les objectifs monstrueux des photographes amateurs. Nous parions aussi sur l’heure d’arrivée du premier iceberg. Et la cabine de pilotage est toujours ouverte au public.


pas facile de les avoir dans le collimateur ces zozios
Le Polar Star, bateau Suédois racheté par un Canadien, contrôlè par les Norvégiens, manœuvré par des officiers Polonais et des marins Phillipins, contient presque cent touristes, en majorité Américains ou Canadiens. Je suis le seul Français, et si la moyenne d’âge doit tourner autour de 55 ans, on trouve quand même plus jeune que moi. Ouf.
Mardi, en fin d’après midi, un bout de pic neigeux apparait, avant d’être englouti sous les nuages. Terre ! Une extrémité des îles Shetland du Sud. Nous entrons dans le détroit du Gerlache, et mercredi matin, le Polar Star lâche l’ancre pour la première fois depuis le départ, en face du continent.
Les montagnes croulent sous la neige et les glaciers qui se jettent dans la baie encombrée d’icebergs brillants. Quelques baleines insaisissables se promènent autour du bateau. Après une sortie matinale en Zodiac autour de l’ile Entreprise, nous descendons enfin à terre fouler le dernier continent, un après-midi à se balader au milieu d’une colonie de pingouins Gentoo.



un coup de zodiaque pour repousser des icebergs un peu trop collants ...

... et me voici sur le septième continent !
Difficile de s’isoler du groupe car il est interdit de s’éloigner trop, mais en s’arrangeant pour arriver avec le premier zodiaque et repartir avec le dernier, je parviens quand même à passer quelques moments privilégiés avec nos amis palmipèdes dont la démarche mal assurée assure de bon moments de gaudriole. Leurs colonies sont de véritables petites agglomérations moyen-âgeuses, avec la plage, le centre où se trouvent la plupart des nids de cailloux, des banlieues résidentielles, de petites routes et de grosses autoroutes à pingouins maculées de guano, car ici on pratique le tout à l’égout, bonjour l’hygiène et surtout l’odeur.


Pingouinville, sa banlieue et sa voie rapide
les manchots à aqualand !
15 décembre 2007
La fin d'un continent
Patagonie Argentine, Ushuaia et île Navarina, Argentine-Chili, du 27 novembre au 9 décembre
Le silence des moutons
La longue descente vers l'extrémité australe du continent démarre par la traversée de la patagonie Argentine jusqu'à Rio Gallegos. Rien à voir avec la patagonie Chilienne. C'est plat, désertique, le vent se déchaine sans opposition, les routes sont taillées à la règle, et il est facile de s'endormir en comptant les moutons qui brouttent dans la steppe.
Polaire orbitale
Seul intermède dans cette hypnotisante monotonie, le bus tombe en panne. Un autre arrive et lors du transfert le vent emporte ma fidéle polaire, ma prinpale alliée contre le froid austral. Elle est maintenant en route pour son propre tour du monde, probablement au dessus du continent Africain à l'heure actuelle.
Un étroit détroit
Après Rio Gallegos, ville peu tourisque portant incroyablement chère, je continue vers le sud, passe la frontière et le détroit de Magellan dans sa partie la plus étroite et entre en Terre de Feu, prolongement de la patagonie Argentine, moutons, vaches et ranchs. Juste avant d'arriver à Ushuia les montagnes noires sortent de terre, la ligne de neige toute proche.
Le bout du monde commercial
Les promotteurs d'Ushuaia nous vendent à tout les coins de rues et à toutes les sauces le côté fin du monde. En fait cette grande ville coincée entre les montagnes et la canal Beagle, très touristique (pas facile de trouver un hotel libre après huit heures du soir), a perdu son ambiance de fin du monde dupuis belle lurette. Par contre les alentours sont toujours superbes et sauvages, et quelques minutes de taxi il est possible de randonner dans la neige qui recouvre le glacier Martial.



Ushuaia, ses bateaux et ses avions figés
A la chasse aux brises glaces
Enfin j'entame ma recherche de bateaux pour l'antartique. Très peu de place libres, aucune dans les prochains jours, donc peu de chance de voir les armateurs les brader. Aller ou ne pas aller ? Plus j'attends plus les prix montent, je reserve une place donc sur le polar star, le dollar est bas, et comme disais Jesus on ne vit qu'une fois. 2900 euros pour 11 jours quand même.
Le village au sud de la ville la plus au sud
Enfin libre, je traverse le canal vers le véritable bout du monde, l'île Navarino au Chili. Seule "aglomération" digne de ce nom, le village de Puerto Williams, peuplé par un tas de militaires et quelques pêcheurs de crabes, est très agréable et tranquille, un peu comme Ushuaia il y a 20 ans, surtout à l'hotel Coiron où se croisent toutes sortes de Francophones.

des fleurs pour les riches touristes,
et un boulet pour les voisins Argentins
le mythique club Micalvi, vieux rafiot en tôle où les
navigateurs endurcis prennent une bière avant
de passer le cap horn
Rapidement j'abandonne toute idée de randonnée sur plusieurs jours dans le massif des Dientes de Navarino. Les trèqueurs reviennent tous bredouilles après des heures de marche englués dans un mètre de boue, achevés par la neige, la pluie et le froid. Avec ma vieille Titine et mes chaussures en gruyère, je crois que j'aurai fini noyé de toutes façons.


le village et le canal Beagle, vu du haut de la montagne Drapeau














